Chapitre 1 – L’historique du cocker anglais

CHAPITRE 1

 

L’HISTORIQUE DU COCKER ANGLAIS

 

mon bon Ilton

II faut savoir qu’au début, pour être cocker, il suffisait de ne pas dépasser 25 livres, livres anglaises, donc 25 x 454 grammes soit un peu plus de 11 kilos. Cette règle a été valable jusqu’en 1901.

Heureusement, nous n’en sommes plus là. Les caractéristiques du cocker ont été fixées. Le nom complet de notre ami est « cocker spaniel ». Spaniel en anglais se traduit par épagneul. Pour tout le monde, voilà encore quelques années, il s’agissait d’une altération du mot espagnol. Il n’en est rien.

L’origine d’épagneul provient du vieux verbe français « s’espaignir » lequel signifiait « se coucher, s’allonger sur le sol ».

Tous les chasseurs vous le diront, l’action du chien de chasse consiste d’abord à battre le terrain pas trop loin de son maître, en tout cas pas au-delà de la portée d’un coup de fusil normal, c’est-à-dire 30 mètres, ensuite de se mettre à l’arrêt, c’est-à-dire de se dresser, fouet tendu, une patte avant pliée, tout son être concen­tré sur le gibier découvert.

Enfin, au moment où le maître annonce « down », ce qui signi­fie « couché » en anglais, le chien se couche, déclenchant ainsi le départ du gibier. Le maître peut alors tirer dans les meilleures conditions, puisqu’il a eu le temps d’épauler et de mettre en joue.

Le bon chien de chasse doit donc être capable de se coucher, de « s’espaignir » à distance de son maître.

Au Moyen Age, lorsque seuls les seigneurs avaient le droit de chasser, et qu’en tout état de cause il n’y avait pas de fusils, l’arme du chasseur était un filet lesté de poids de plombs qu’on lan­çait au-dessus du gibier, qu’il fût à plumes ou à poils. Le chien se couchait, s’espaignait, ne devait en rien gêner l’action du filet.

Que Gaston Phoebus, le seigneur de Toulouse, l’auteur culte en art de la chasse, n’ait pas précisé qu’  » épagneul » ne provenait pas d’ « Espagnol » est normal puisque, à son époque, le mot « espainholz » provenait évidemment du verbe s’espaignir.

Notre ami le cocker, le plus petit des épagneuls, provient de ces souches anciennes. Au travers de ses ancêtres il effectue donc, depuis longtemps déjà, son travail de chien de chasse.

Les études les plus poussées ont établi que les épagneuls étaient présents en Angleterre dès les années 1350. Il y a toujours eu de nombreuses relations entre l’Espagne et l’Angleterre, pays à la fois marins et conquérants.

N’oublions pas que l’Anglais, à la suite d’un différend portant sur une question d’héritage, a enclenché la guerre de Cent Ans, puis qu’il est venu, après Azincourt, envahir la France et notam­ment l’Aquitaine, région de Bordeaux et de Toulouse. N’oublions pas non plus que c’est le Français qui avait déclenché les hosti­lités en 1066 avec Guillaume le Conquérant, lequel Guillaume, parti de l’actuel Calvados, avait occupé Angleterre et jamais ses armées n’ont été rejetées à la mer. Il est intéressant de savoir que le mot « Calvados » provient du nom d’un des vaisseaux du roi d’Espagne, vaisseau rejeté à la côte normande à la suite d’une grande bataille navale anglo-espagnole.

Au gré des invasions et des guerres, les seigneurs se dépla­çaient avec leurs chiens de chasse, et évidemment les vainqueurs imposaient leurs modes de vie, donc leurs chiens, à la fois par la force, et par l’admiration qu’ils suscitaient chez les vaincus.

On a ainsi pu croire de bonne foi à l’origine espagnole du mot « épagneul ».

Bref, que le mot provienne du français ou de l’espagnol impor­te peu, il faut savoir que, depuis très longtemps, ce chien suit les différents conquérants anglais, français, espagnols, dans leurs pérégrinations géographiques. Rien ne m’étonnerait si on me démontrait que les Romains eux-mêmes disposaient déjà de ce type de chien pour chasser leurs gibiers…

En tout état de cause, l’épagneul provient du petit chien de chasse des premiers temps du quaternaire.

Le côté chien de garde du cocker me fait penser qu’il

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