Introduction

INTRODUCTION

L’ouvrage intégral avec illustrations est téléchargeable en PDF sur AudioTexteVideo.com

S’il fallait trouver l’archétype du chien fidèle jusqu’à la pos­session, jusqu’à l’adoration la plus extrême, je n’en connaîtrais qu’un : le cocker.

Depuis plus de trente ans, j’ai dressé des milliers d’animaux. Incontestablement, le plus séduisant de tous, c’est le cocker.

J’ai personnellement une préférence marquée pour la couleur golden. Je ne suis pas chasseur, pour moi les petits lapins et les petits perdreaux sont beaucoup plus jolis vivants que morts. Je ne m’intéresse au cocker que clans la mesure où, pour moi, il est un formidable compagnon à vivre.

II possède toutes les qualités qu’on attend d’un chien de compagnie. Avec ses 15 kgs et son format réduit de taille moyenne, il passe partout. Séducteur aux yeux tristes, ses lourdes oreilles, son allure rapidement pataude, sa gaieté permanente, l’oeil à la fois tendre et impérieux qu’il jette sur son maître dès qu’il se pose une question, sa volonté farouche de rester le plus possible dans les parages immédiats de l’être humain qui a bien voulu de lui, sa légendaire rusticité physique, son aptitude à pratiquer mille tours plus cocasses les uns que les autres, voilà le cocker. II se comporte véritablement souvent en titre humain.

Loin de moi l’idée de verser dans l’anthropomorphisme, mais force m’est de constater que le cocker est réellement, au quotidien, le fameux Bill de la bande dessinée.

C’est d’ailleurs clans cette série, depuis « Coquin de Cocker » jusqu’à « Stripcocker », du dessinateur beige Roba, que le grand public a puisé les arguments qui ont fait du cocker un chien très à la mode dans les années 1980.

Si un de ces albums tombe entre vos mains, surtout, ne l’ou­vrez pas. Sinon, vous serez tenté de vouloir prendre un cocker pour vivre avec lui, et alors votre vie va changer.

Comme la mienne a changé depuis que, non seulement j’ai décidé de prendre un petit cocker, mais aussi que, folie supplémentaire, je me suis mis à en élever

Parce qu’un jour vient, très vite, où vous trouvez que tous les autres chiens manquent d’intérêt.

Malheureusement, survint cette grande vogue du cocker. II faut savoir qu’en 1985 le cocker venait en deuxième position par le nombre d’animaux achetés en une année, en France, derrière le berger allemand.

Comme toujours, cette grande mode a engendré des excès fort regrettables. Certains, non pas éleveurs, mais naisseurs, atti­rés par l’exclusif appât du gain, se sont lancés dans l’élevage à grand volume. Ils ont cessé de prendre garde à la qualité de leurs reproducteurs, et ont inondé le marché d’animaux non seulement de faible qualité esthétique, de faible qualité de santé, mais éga­lement dangereux, et mordeurs.

Il y a eu de nombreux accidents, à tel point que la race n’ap­paraît même plus dans les dix premières du classement. Et c’est tant mieux. J’ai toujours été désolé de devoir entreprendre l’édu­cation ou plutôt la rééducation d’un cocker dangereux, tant cette race est attachante, et tant les animaux dangereux qui entachent sa réputation lui ont fait du tort.

Heureusement aujourd’hui, grâce à l’action éclairée d’éle­veurs consciencieux, on a retrouvé des lignées absolument saines sur le plan du caractère, des familles de chiens doux, câlins, joueurs, et toujours bien sûr possessifs, où les seuls vrais problèmes concernent quelquefois l’excès d’activité.

Il faut savoir que le cocker est un chien de chasse tous services. Evidemment, comme c’est un épagneul, il sert un peu à tout, en plaine, en forêt, et en marais. Il dispose d’un potentiel énorme d’énergie, sa vie dans votre salon pâtit quelquefois de cette vitalité.

Le cocker dangereux n’est plus heureusement qu’un souve­nir, même si, hélas, il existe encore des éleveurs pour vouloir élever des chiens, beaux certes, peut-être même champions d’expositions, mais dont le caractère laisse encore à désirer, et qui présentent un côté mordeur excessif.

Donc, première approche de l’objectif, si vous voulez vous procurer un cocker, veillez essentiellement à refuser tout animal grondeur, coléreux, et déjà mordilleur.

Je vous en parle en connaissance de cause. Un cocker qui se décide à mordre devient un animal franchement redoutable. Évitez donc ce désagrément. Préférez le petit animal doux, calme, câlin, qui viendra tout de suite se blottir contre vous, qui se mettra sur le dos pour que vous lui caressiez l’abdomen, qui vous démontrera dès son plus jeune âge toutes les caractéristiques d’un bon chien de compagnie.

Ce qui ne l’empêchera pas, si vous le souhaitez un jour, d’en faire un animal à utilisation spécifique, la chasse par exemple. Si vous le pouvez, demandez à voir ses parents, sa famille.

Itou du domaine de Makno

Regardez si tout ce petit monde se tient bien, si aucun des ani­maux ne présente une activité agressive envers l’homme, et même envers les autres chiens. J’insiste lourdement sur ce point. il m’arrive, très fréquemment, de recevoir chez moi des gens pro­priétaires de cockers qui me racontent tous la même histoire : quand ils sont présents avec leur chien, l’animal ne laisse personne s’approcher d’eux ; si leur conjoint est là sans le propriétaire direct, c’est ce même conjoint qui devient pour le cocker l’objet à protéger ; et si un jour c’est un des enfants de la famille qui res­te seul avec le chien, l’animal défend cet enfant exactement avec la même possessivité et avec la même détermination que s’il s’agissait de son maître en titre.

Le cocker transfère très vite son amour exclusif sur l’être humain qu’il connaît et qui reste à côté de lui.

Ce sens de l’exclusivité peut être gênant à vivre. Alors, ou bien vous vous sentez en mesure de dominer un chien difficile, ou bien il vaut mieux préférer adopter dès le départ un animal pai­sible. II y en a maintenant une majorité dans cette merveilleuse race qu’est le cocker.

Je dis volontairement « le cocker », sans précision supplé­mentaire, parce qu’il y a des quantités de cockers.

Hollywood du domaine de Makno, championne du Luxembourg et d’Europe

D’abord, la race se divise en deux grandes familles :

  • les english cocker spaniels
  • les american cockers.

Les premiers ont été sélectionnés afin d’obtenir des animaux de chasse, et les seconds programmés pour devenir des animaux esthétiquement jolis et d’un caractère parfait de chiens de compagnie.

Cela n’empêche que certains cockers anglais ont toujours été agréables à vivre, et que certains cockers américains présentent un caractère ombrageux. Vous trouverez plusieurs couleurs types :

  • les unicolores, noir, marron, rouge, golden, blond, crème, pla­tine ;
  • les bicolores, noir et feu, noir et blanc, marron et blanc, mar­ron et feu, blanc et orange, blanc et acajou, blond et blanc ;
  • et les tricolores.

Vous verrez au cours de cet ouvrage les différentes caractéristiques de tous ces animaux, d’où ils proviennent, quelles ont été les intentions de leurs créateurs, où vous pouvez adopter un tel animal, quels sont les phénomènes de mode qui ont failli tuer le cocker, puis, à travers un survol rapide des principales affections physiques qui atteignent les cockers, les soins que les vétérinaires leur prodiguent habituellement après un chapitre sur l’éducation où vous pourrons observer les mécanismes spéci­fiques de l’apprentissage chez le cocker. Vous verrez quels accessoires, quelles nourritures, quelles assurances, bref, quels produits et quels services peuvent être utiles à un cocker.

Vous prendrez des conseils de toilettage qui vous permettront de vivre toujours auprès d’un animal visiblement bien peigné, bien soigné. Vous comprendrez aussi les phénomènes que vous rencontrerez lorsque votre chien arrivera chez vous le premier jour, et ensuite, vous pourrez prendre connaissance du standard exact des différents cockers.

Je tiens à remercier, pour sa collaboration au sujet de l’entretien de la fourrure du cocker, mon ami Philippe Dubois, toiletteur à Paris, spécialiste de la robe du cocker, champion de France et d’Europe de toilettage, best in show à Europroom, à Programm, et double médaille d’or au concours international de toilettage de New-York.

Je remercie également mes clients Alain Renvoisé et Séverine Cottebrune, les célèbres éleveurs champions de cockers anglais et américains de l’affixe du Domaine de Makno, à Mamers, Sarthe, pour leur précieuse contribution. Ce sont leurs cockers que la publicité présente sur toutes les chaînes de télévision.